Le chaume – Historique

 

Le chaume a longtemps servi pour recouvrir les toitures rurales, voire urbaines (de là vient la dénomination de « chaumières »). Son utilisation était très répandue jusqu’à la fin du XIXe siècle en raison du faible coût du matériau et de l’isolation thermique qu’il procurait (les combles restent chauds en hiver et frais en été).

Aux Pays-Bas et en Belgique, au XIXe siècle, on préfère les roseaux à toute espèce de paille pour couvrir les habitations, granges et étables. Bien que le roseau brûle facilement, il partage cet inconvénient avec la paille, il offre fraîcheur en été et chaleur en hiver. Un toit de roseau bien confectionné laisse passer moins de pluie et de neige qu’un toit de tuiles, son poids est bien moindre et n’exige pas de constructions aussi solide. Cette plante est donc estimée des constructeurs. Un bon toit de roseau comporte 30 cm d’épaisseur en haut et 34 en bas. Pour cela on a besoin de 3 bottes de 85 cm de longueur par mètre carré de surface.

La Normandie, le Berry et la Beauce privilégiaient la paille de blé tandis que le Massif central, la Bretagne et le Midi pyrénéen préféraient la paille de seigle.

Des contrats de métayage prévoyaient l’obligation, pour le métayer, de prélever un certain nombre de bottes de paille de sa moisson pour effectuer lui-même l’entretien des toitures de chaume de son exploitation.

L’historien Marcel Lachiver signale qu’en 1861, la couverture en chaume restait la règle dans la grande majorité des 350 communes qu’il a étudiées à l’ouest de Paris. Selon Jacques Fréal, on dénombrait, en 1856, plus de 60 % de toitures végétales dans le Calvados et plus de 80 % dans la Manche.

Cependant, les couvertures de chaume étaient de courte durée et il fallait les renouveler tous les vingt ou trente ans mais surtout elles présentaient un terrain trop favorable aux incendies à tel point que, dès le XVIe siècle, des édits condamnèrent leur emploi.

Le déclin et la disparition du chaume sont dus d’une part au remplacement de la faucille et de la faux par la moissonneuse-batteuse, laquelle casse la paille de blé, d’autre part à la promulgation, sous le Second Empire, d’une loi interdisant la construction et la réparation des toits de chaume. La multiplication des lampes à pétrole et des lampes Pigeon à cette époque avait en effet accru le danger d’incendie car désormais on promenait du feu d’un bout à l’autre de la maison. Les compagnies d’assurances accélérèrent le mouvement en accordant des avantages aux propriétaires qui remplaçaient le chaume par de la tuile ou de l’ardoise. Cependant, comme les préfets accordaient des dérogations aux petits propriétaires incapables de financer la substitution, celle-ci s’étendit sur plus d’un demi-siècle. Les toits de chaume persistèrent dans certaines régions (en Bretagne, mais surtout en Normandie).

(Source Wikipedia)